Le requin

Un squale qui, je le redoute, se trouve incarné par ma personne.

Filant à une vitesse relativement rapide – cette saison, deux à trois nageurs occasionnels osent me griller en sprint, alors que je suis en endurance pour une heure – et y allant de façon parfois bourrin : j’exerce une certaine forme de prédation.

Les crétins qui font de la brasse dans ce couloir de crawl se prennent la honte et vont en général ailleurs. Ce qui fait qu’après quelques minutes, seuls les crawlers bien foutus et endurants parcourent la ligne de nage. Ça, c’est la première étape de la sélection naturelle : on vire les brêles et on ne garde que les plus beaux.

Pour l’étape suivante, hum… disons que ce poisson à slip rouge était bien appétissant. La proie n’était ni blonde ni rousse, mais en d’autres lieux, j’en aurais bien fait mon quatre-heures.

Le requin est une espèce timide et qui ne socialise pas. Dommage, il a filé. Suggestion est faite de muter en Homo delphinus.