La punaise

Évacuons rapidement le sujet, car le besoin de l’évacuer est impérieux.

Le-dit sujet se place en bout de ligne, et adopte la conduite typique du groupe des poissons-pierre, à savoir de l’attente ou de la pause, donc l’absence de nage, pendant une durée lubriquement longue. Ainsi, plus d’une heure au même poste, avec juste 3 allés-retours en guise d’interludes. Quant à savoir ce qu’il pense et regarde pendant ce laps de temps, j’ai abandonné pour cette fois : mes neurones miroirs renâclent à la tâche ingrate de reproduire virtuellement la psychologie d’un mec en manque de quoi vous savez.

Et que dire de ces allées et venues dans cette ligne de crawl ? L’image de l’albatros maladroit tentant le décollage m’a traversé l’esprit, mais point de vol glorieux, ça reste collé dans l’eau. Les membres de cet animal évoqueraient plutôt l’insecte, les mouvements semblent manquer de coordination. Dysharmonie corroborée par un physique maigrichon et des articulations lâches.

Pourtant, à force de nager, l’animal pourrait améliorer sa technique natatoire, et se forger un corps un peu plus agréable à l’oeil. Mais non, il reste planté au bord comme une punaise sur un tableau.