L’emmerdeur

Qui continue sa brasse en plein milieu de la ligne réservée pour les crawl-dos-papillon, et dont le coup de pied peut être létal.

Bon on s’y fait, n’ayant pas le choix, mais il y a une chose qui révulse au plus haut point : la coupe de barbe « François Sagat » ne sied qu’à Monsieur Sagat, et uniquement à lui.

Le poisson-pierre (2)

Qui semble être assez social. Discute plus avec les messieurs que nage son crawl (qui, à son mérite, s’est amélioré en vitesse). On dirait qu’il a croisé pas mal de visages ailleurs, genre boîte de nuit ou bar gay.

Ce qui permet d’entrevoir un nouveau domaine d’étude : il y a de la tapiole qui nage vraiment. Enfin, plutôt en brasse.

On note cependant quelques absences de sa part, ne le trouvant ni dans l’eau ni faisant sa pose (attention, ton torse est sec, là). Je suppute fortement que ces indisponibilités de plus de 10 minutes ont pour objet quelques ablutions en bonne compagnie dans la partie discrète des douches. Le temps compté à nager est donc assez faible. Le temps passé à la piscine doit être également faible, puisqu’il disparaît complètement, sans doute pour consommer le produit de sa pêche hors de l’établissement.

Le petit nem

Que je n’avais jamais remarqué, depuis tout ce temps. Apparemment ni Vietnamien, ni Chinois. Peut-être Cambodgien ou Thaï. Ce spécimen nage son crawl de manière élégante et, pour sa petite taille, assez rapidement. Mais on note également beaucoup plus d’absences que d’allers-retours dans le bassin(1).
Aux douches forcément.

D’ailleurs, ce jour-ci, ayant fini mon heure de crawl… je le vois sortir de la zone discrète des douches, ayant fini la sienne. Mais il veut en reprendre une à côté de ma pomme. C’est assez assez flatteur, mais il est trop jeune, je n’aime pas les asiatiques, et cette étude m’impose d’interférer le moins possible avec la faune locale.

Sans réponse de ma part, il est allé reprendre une autre douche dans la partie cachée.

Accessoirement, avec ce nombre vertigineux de douches, la facture d’eau doit creuser le budget à des profondeurs abyssales.

Le serpent de mer

Pas nouveau, voire même très ancien : taille supérieure à 2 mètres, toujours bronzé même en hiver (j’hésite encore entre des séances UV et la maladie d’Addison).

Son comportement est inhabituel en comparaison avec la faune locale : cet individu nage son crawl tranquillement et rapidement, sans même remarquer les messieurs bien foutus (ou alors, c’est d’une discrétion exemplaire). Très peu de temps passé aux douches. Et socialise longuement avec le personnel de l’établissement.

Je dois le laisser passer souvent, vu sa vitesse et son endurance. Je sais qu’il est gay, pour avoir entendu des vieux croûtons parler de lui à la piscine du Rhône. Gay sans être tapiole : ce cas exceptionnel redonne espoir dans une homosexualité dissociée du mot ‘sybarite‘.

J’en suis encore toute chose…

Le rouquin au mille slips

Ce cas m’a donné du fil à retordre, car il a été difficile de rester objectif et concentré sur l’étude. Ce monsieur a la bonne taille et est joliment musclé. Il nage bien et vite, quoique peu endurant. Slip de bain aux couleurs du drapeau australien. Barbe de trois jours… et roux !

Peu de gens arrivent à stimuler ma libido, et cet individu est arrivé à perturber mon calme qu’on juge équivalent à celui d’Ailuropoda melanoleuca. Le climax de ces sueurs chaudes s’est produit à la piscine d’été, lui portant un aussieBum bleu sérigraphié sur l’arrière, et moi, un autre aussieBum, modèle rouge, logo sur le devant.

L’apaisement n’a heureusement pas tardé à arriver. Il a fallu, pendant la séance bronzage suivant les kilomètres de nage, l’entendre subrepticement discourir sur l’usage des crèmes amincissantes avec ses « copines ». Il est des sujets (et des intonations particulières) qui coupent tout désir. Grand merci, car il ne sera obligatoirement plus besoin de ne penser qu’à M. Thatcher s’il faut l’avoir rétrécie.

Accessoirement, cet été, je n’ai pas vu chaque fois ce rouquin avec le même slip de bain. Le turn-over du calbute force le respect. Il doit avoir une collection de ouf malade. Est-ce une monomanie ? Sachant maintenant qu’il est gay, je me demande s’il change de mecs comme de slips.

Le bigorneau

Très petit, chauve, toujours en sandales. Amateur de douches bien sûr. Caractéristique : prend son temps pour mater aussi sur le bord du bassin, avec sa serviette posée sur les épaules comme un peignoir. Je doute que cela soit pour apprendre quelque technique de nage, vu qu’on a pas encore vu l’animal nager. Mais peut-être a-t-il peur de ne pas avoir pied ?

Ah, je me trompe. Il nage, un peu, et avant que j’arrive. Ce qui suggère que le temps qu’il passe à la piscine est faramineux. Présence sous doute presque à chaque soirée d’ouverture au public.

Il est impossible de ne pas remarquer le bigorneau. Le déplaisir s’offre obligatoirement à vos yeux, quand bien même on l’aurait refusé. Pour anecdote, c’est ainsi qu’en comparant cet animal en début de saison en automne par rapport à la fin de saison fin printemps… Son ventre, initialement un peu musclé, s’est relâché pour devenir bibendum.
Le secret ? il est dévoilé ce soir-là. Aux douches (forcément). Je l’ai vu pour la première fois en train de socialiser avec un jeune homme. Sourires des deux côtés. Discussion bien entamée. Le bigorneau allait sans doute consommer un petit beur bien gras(1).

Le bigorneau chasse aussi à la piscine de Vaise pendant l’été, et ce serait apparemment tous les soirs. Son petit manège est similaire à celui dans la piscine d’hiver.

Depuis sa première apparition ; pas de variation, pas d’inventivité, pas de congé, pas d’autre occupation ? Là, sérieusement, je pense que ça relève du pathologique. Ou de l’automaticité imbécile.

La vieille bûche

Nage la brasse, mais comme une bûche. Je me souviens encore de ses coups de pieds et de bras. Avec ses lunettes de vue, autant dire que sa brasse n’est ni coulée, ni élégante.

A la piscine d’été, a la particularité de faire un tour autour du bassin quand il débarque, lentement et nonchalamment, pour bien se faire remarquer. Et on le remarque. Mais pas sûr que l’opinion qu’on en tire lui soit favorable.

Une autre de ses habitudes, à la piscine d’hiver, est de débarquer 20 minutes avant le coup de sifflet d’évacuation des bassins. Pas vraiment assez de temps pour se dépenser dans le bassin.

Les gorgonopsiens

Les zombies ont une appétence supposée pour la cervelle toute fraiche.
Ceci transposé au milieu aquatique, comment appelle-t-on des morts-vivants qui veulent vous bouffer les gonades ?

Nous découvrons ainsi trois tapioles obnubilées par leurs hormones, en mode un neurone et une queue… L’unique neurone se trouve évidemment dans la queue. Bref, trois mauvais rejetons de Pauvreté et Expédient, qui tentent d’aller dans la partie discrète des douches. Il doit s’y passer quelque chose, ou veulent que quelque chose s’y produise.
Mais ils ne peuvent pas. C’est déjà occupé.

Conséquence, ces trois crétins… appelons-les « gorgonopsiens », imaginons-les frères des célèbres Gorgones, donc fils de Phorcys(1) et Céto(2)… ces trois crétins, dis-je, se rabattent dans la partie exposée des douches, à tourner et mater autour du seul mec qui reste, qui n’a rien demandé, et qui se trouve être ma pomme.

Je les aurais tué.

Ah, zut, techniquement c’est pas possible de killer du zombie…
La loose.

La brêle week

C’était quand, la Fashion Week ?

Parce que, là, ce soir même : ce fut la Brêle Week… défilé d’animaux à queue… défilé… que dis-je, un vrai florilège, avec ces tapioles en manque devenues stars (lire les épisodes précédents). Par ordre d’apparition, comme un carré Viiiip :
– le petit nem
– la crevette avariée
– le pequeño
– le bigorneau
Dandinage de postérieur, allers-retours aux toilettes pour se refaire le maquillage, puis revenir devant le public… Arborant tous leurs slips ou boxer de bain ancienne collection. Bien sûr, ça nage pas beaucoup, donc leur cache-sexe est encore tout neuf. On ne remerciera jamais assez la girafe albinos pour son absence.

Résultat des courses ? Pour éviter de les croiser aux douches, je ne fais plus ma pause vidange aux stands à la demi-heure. Crawl durant une bonne heure, d’une traite, comme en été.

De ce désagrément, de ces têtes à claques, on peut donc en dégager(1) quelques bénéfices.

La piscine du Rhône

NB : cette piscine ayant fait l’objet d’une rénovation en 2014, la description des lieux est caduque. Les douches sont maintenant mixtes (grand merci !), la drague homo se fait maintenant plus discrètement au milieu des hétéros.

Même en été, on n’est pas en vacances. On change de lieu pour les quartiers d’été, et on croise de nouvelles têtes d’ampoules. Enfin, quand on dit « croiser », c’est forcément contre sa volonté.

Au niveau topologie, les douches de cet établissement sont alignées de chaque côté d’une longue allée. Chaque douche est séparée de sa voisine par un haut muret. Donc lorsqu’on se place dans un de ces box, on ne peut voir que trois box en face. Et comme d’habitude, ce n’est pas mixte.

Deux méthodes pour ces excités :

– se placer dans un box de douche en face d’un box occupé par une personne « potable », et profiter de la vue. Là, pas d’autre solution que de feindre l’ignorance et de faire fissa fissa. La distance est trop longue pour rendre leur regard par une gifle.

– faire des allées et venues le long de cette allée. Et mater subrepticement le contenu de chaque box. Ce qui c’est passé ce matin.
Constatation : plus ils sont petits, plus ça les travaille. Et comme d’habitude, ça les travaille jusqu’au ridicule. J’ai remarqué 4 allées-venues de ce nain pendant mes ablutions, après mes 3 Km de crawl. Et pour son travail dans le bassin ; que de la gueule : un plongeon alors que c’est interdit, un sprint en crawl juste pour faire le kakou, et ensuite quelques longueurs en brasse inélégante. Résumé : mouillage pour se faire repérer, et retour à la bipédie pour son safari photo.

Mais revenons aux douches : ce gugusse a-t-il remarqué le système caméra vidéo qui filme cette allée ? Les gars à la sécurité doivent bien de se marrer en matant les vidéos, soit dit en passant. Un trésor pour l’éthologie.