VDM

Vieux, dégueulasse et moche.

Une serviette de couleur improbable autour de la taille, la panse distendue, le regard torve et la figure au delà de la soixantaine… Cet acronyme ambulant a été croisé aux douches. Douches qui, pour le salut des mortels, étaient vide de ces mêmes mortels. Enfin presque. Il y avait ma pomme pour un passage express à la vidange, et puis lui, qui semblait faire de ce lieu son territoire.

Voyant ce parangon de sénescence, je me suis demandé si – comme souvent – un événement ne m’aurait pas transporté 30 ans dans le futur. Supputation est établie en quelques millisecondes que cet animal fait partie du même groupe d’excités qui hantent ces lieux, avec leur relative jeunesse, leur vide et leurs hormones. Sauf que là, point de jeunesse, comme si ces crétins avaient continué leur sempiternel manège tous les jours pendant des décennies. Pis, son comportement semble relever de la pathologie, et on pense aisément qu’il a eu une permission de sortie de son hôpital psychiatrique.

Et de m’apercevoir que ce vieux est un pervers niveau 100 of ze dead. Même en regardant le carrelage, il arrive à offrir son engin 3 pièces à ma vue et contre mon gré. Il lui a suffit de calculer le moment exact pour réajuster sa serviette autour de la taille. Calculs prémédités et d’une précision diabolique. Je n’ai rien pu faire, à part écourter au plus vite ma présence à la douche.

L’on sait maintenant, malgré le règlement intérieur, que la catégorie nudiste à serviette (dans ce cas-ci ; verte ou violette ?) peut être localisée aussi dans les douches, et non plus exclusivement aux vestiaires.

Finalement, Reiser ne dessinait pas des caricatures. Son oeil était juste. Il dessinait des vérités.