Le crabe japonais

L’animal se meut bizarrement grâce à une série de mouvements qui ressemblerait à un crawl. Comme on souffre plus ou moins à voir un histrion jouer du Shakespeare, l’on ressent ici une petite gêne devant ce spectacle aquatique. La tête reste constamment hors de l’eau malgré le port de lunettes de natation. Il est donc hors de question d’évoquer une quelconque horizontalité(1). Les lourdes pattes coulent et poussent l’eau comme en brasse.
Conséquence : même probabilité de se ramasser un coup de pied qu’avec un nageur en brasse. Il la joue virile et cela pourrait faire mal.

Pour information, lorsqu’une situation est délicate, pour un nageur plus rapide qui se trouve derrière, qui veut avertir et doubler ; la bonne manière consiste à toucher la cheville ou le pied gauche du sieur lent.

Ce que je fais. Puis le dépasse sans effort. Sauf que l’animal interprète mal le sens du geste et envoie son geste à lui. Lorsque je termine le dépassement, mon pied droit se trouve pincé. Et bien pincé.

Dans le « milieu » terrestre, un us de tapiole consiste à pincer réellement quelqu’un lorsque soi-même l’on pince métaphoriquement pour ce même quelqu’un. Ils la jouent virile et c’est toujours douloureux. Pratique détestable, et le réflexe est de vouloir leur répondre avec un pain dans la gueule.

Encore une fois où il faut passer outre et la jouer zen.
Ce n’est pas un vulgaire décapode qui va perturber mon flow.

Accessoirement, la plastique est bien travaillée et serait agréable à voir, si ce Malacostraca s’abstenait de nager. Considérer sa vie et son corps comme une oeuvre d’art est une bonne philosophie. Mais je me demande si le goût est bon, d’un, quand la peau est assimilée à une pinacothèque, et deux, quand on affiche une ostentation peu modérée pour les estampes nippones.

Peut-être espère-t-il une mue lorsque ses tatouages seront complètement démodés ?