La vieille bûche

Nage la brasse, mais comme une bûche. Je me souviens encore de ses coups de pieds et de bras. Avec ses lunettes de vue, autant dire que sa brasse n’est ni coulée, ni élégante.

A la piscine d’été, a la particularité de faire un tour autour du bassin quand il débarque, lentement et nonchalamment, pour bien se faire remarquer. Et on le remarque. Mais pas sûr que l’opinion qu’on en tire lui soit favorable.

Une autre de ses habitudes, à la piscine d’hiver, est de débarquer 20 minutes avant le coup de sifflet d’évacuation des bassins. Pas vraiment assez de temps pour se dépenser dans le bassin.

Le bigorneau

Très petit, chauve, toujours en sandales. Amateur de douches bien sûr. Caractéristique : prend son temps pour mater aussi sur le bord du bassin, avec sa serviette posée sur les épaules comme un peignoir. Je doute que cela soit pour apprendre quelque technique de nage, vu qu’on a pas encore vu l’animal nager. Mais peut-être a-t-il peur de ne pas avoir pied ?

Ah, je me trompe. Il nage, un peu, et avant que j’arrive. Ce qui suggère que le temps qu’il passe à la piscine est faramineux. Présence sous doute presque à chaque soirée d’ouverture au public.

Il est impossible de ne pas remarquer le bigorneau. Le déplaisir s’offre obligatoirement à vos yeux, quand bien même on l’aurait refusé. Pour anecdote, c’est ainsi qu’en comparant cet animal en début de saison en automne par rapport à la fin de saison fin printemps… Son ventre, initialement un peu musclé, s’est relâché pour devenir bibendum.
Le secret ? il est dévoilé ce soir-là. Aux douches (forcément). Je l’ai vu pour la première fois en train de socialiser avec un jeune homme. Sourires des deux côtés. Discussion bien entamée. Le bigorneau allait sans doute consommer un petit beur bien gras(1).

Le bigorneau chasse aussi à la piscine de Vaise pendant l’été, et ce serait apparemment tous les soirs. Son petit manège est similaire à celui dans la piscine d’hiver.

Depuis sa première apparition ; pas de variation, pas d’inventivité, pas de congé, pas d’autre occupation ? Là, sérieusement, je pense que ça relève du pathologique. Ou de l’automaticité imbécile.