Le rouquin au mille slips

Ce cas m’a donné du fil à retordre, car il a été difficile de rester objectif et concentré sur l’étude. Ce monsieur a la bonne taille et est joliment musclé. Il nage bien et vite, quoique peu endurant. Slip de bain aux couleurs du drapeau australien. Barbe de trois jours… et roux !

Peu de gens arrivent à stimuler ma libido, et cet individu est arrivé à perturber mon calme qu’on juge équivalent à celui d’Ailuropoda melanoleuca. Le climax de ces sueurs chaudes s’est produit à la piscine d’été, lui portant un aussieBum bleu sérigraphié sur l’arrière, et moi, un autre aussieBum, modèle rouge, logo sur le devant.

L’apaisement n’a heureusement pas tardé à arriver. Il a fallu, pendant la séance bronzage suivant les kilomètres de nage, l’entendre subrepticement discourir sur l’usage des crèmes amincissantes avec ses « copines ». Il est des sujets (et des intonations particulières) qui coupent tout désir. Grand merci, car il ne sera obligatoirement plus besoin de ne penser qu’à M. Thatcher s’il faut l’avoir rétrécie.

Accessoirement, cet été, je n’ai pas vu chaque fois ce rouquin avec le même slip de bain. Le turn-over du calbute force le respect. Il doit avoir une collection de ouf malade. Est-ce une monomanie ? Sachant maintenant qu’il est gay, je me demande s’il change de mecs comme de slips.

Le serpent de mer

Pas nouveau, voire même très ancien : taille supérieure à 2 mètres, toujours bronzé même en hiver (j’hésite encore entre des séances UV et la maladie d’Addison).

Son comportement est inhabituel en comparaison avec la faune locale : cet individu nage son crawl tranquillement et rapidement, sans même remarquer les messieurs bien foutus (ou alors, c’est d’une discrétion exemplaire). Très peu de temps passé aux douches. Et socialise longuement avec le personnel de l’établissement.

Je dois le laisser passer souvent, vu sa vitesse et son endurance. Je sais qu’il est gay, pour avoir entendu des vieux croûtons parler de lui à la piscine du Rhône. Gay sans être tapiole : ce cas exceptionnel redonne espoir dans une homosexualité dissociée du mot ‘sybarite‘.

J’en suis encore toute chose…

Le petit nem

Que je n’avais jamais remarqué, depuis tout ce temps. Apparemment ni Vietnamien, ni Chinois. Peut-être Cambodgien ou Thaï. Ce spécimen nage son crawl de manière élégante et, pour sa petite taille, assez rapidement. Mais on note également beaucoup plus d’absences que d’allers-retours dans le bassin(1).
Aux douches forcément.

D’ailleurs, ce jour-ci, ayant fini mon heure de crawl… je le vois sortir de la zone discrète des douches, ayant fini la sienne. Mais il veut en reprendre une à côté de ma pomme. C’est assez assez flatteur, mais il est trop jeune, je n’aime pas les asiatiques, et cette étude m’impose d’interférer le moins possible avec la faune locale.

Sans réponse de ma part, il est allé reprendre une autre douche dans la partie cachée.

Accessoirement, avec ce nombre vertigineux de douches, la facture d’eau doit creuser le budget à des profondeurs abyssales.

Le poisson-pierre (2)

Qui semble être assez social. Discute plus avec les messieurs que nage son crawl (qui, à son mérite, s’est amélioré en vitesse). On dirait qu’il a croisé pas mal de visages ailleurs, genre boîte de nuit ou bar gay.

Ce qui permet d’entrevoir un nouveau domaine d’étude : il y a de la tapiole qui nage vraiment. Enfin, plutôt en brasse.

On note cependant quelques absences de sa part, ne le trouvant ni dans l’eau ni faisant sa pose (attention, ton torse est sec, là). Je suppute fortement que ces indisponibilités de plus de 10 minutes ont pour objet quelques ablutions en bonne compagnie dans la partie discrète des douches. Le temps compté à nager est donc assez faible. Le temps passé à la piscine doit être également faible, puisqu’il disparaît complètement, sans doute pour consommer le produit de sa pêche hors de l’établissement.